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Les précieuses pierres à pain

Comme le remarque un géologue du XVIIIe siècle en visite sur le plateau de Gometz, les terres des Molières sont très fertiles et pourtant « l’agriculture n’y est qu’un objet secondaire ». L’explication se trouve dans le sous-sol du territoire, riche en bancs de meulières longs et purs, constitués à 96 % de silice, un matériau idéal pour fabriquer des meules à grains. Depuis 30 000 ans, l’homme utilise des « pierres à pain » pour broyer les grains et se nourrir. D’abord petites meules à main, les pierres extraites des carrières grossissent à l’époque gallo-romaine et, au Moyen Age, leur transport devient presque insurmontable.

 

Chaque village se met alors à extraire les pierres dont il dispose pour en tirer quelques meules pour ses moulins. Le grès est très utilisé mais réserve de mauvaises surprises. En s’usant, le sable et les cailloux se détachent des meules, se mélangent à la farine et le pain craque sous la dent. La meulière abrasive est identifiée comme la pierre idéale pour broyer les grains. Le Bassin parisien n’en manque pas mais, pour fabriquer une meule, il faut un banc de très bonne qualité et suffisamment dense. Ces conditions idéales sont réunies à La Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne, qui devient au XVIIe siècle un site industriel exceptionnel, exportant ses meules jusqu’en Amérique.

En 1641, un marchand de meules de La Ferté s’installe aux Molières, déjà réputé pour la qualité de ses bancs. Rejoint par un autre négociant, ils se partagent les carrières et donnent un coup de fouet à l’activité. Très vite, 50 hommes des Molières sur 400 habitants deviennent « carreyeurs, faiseurs de pierre à pain », délaissant les champs pour un « travail de forçat »…